Où vas-tu, toi qui portes la peine,
à travers ces ruelles étroites ?
Pourquoi es-tu un étranger, toi l’exilé,
les larmes sur le visage ?

Où étais-tu depuis si longtemps,
que tu nous avais oubliés—
pour revoir la montagne verdoyante,
pour boire l’eau de la source ?

Pour te promener dans le village,
pour revoir les tiens—
où étais-tu depuis si longtemps ?
Qu’est-ce donc qui te retenait au loin ?

En suivant la route,
il entendit les petits enfants dire :
« Qui est ce vieil homme
avec si peu de cheveux ? »

Il se rappela que, dans ce village,
il avait autrefois vécu.
Il désirait une gorgée d’eau—
mais la fontaine avait disparu.

Il se souvenait, avant son départ,
où vivaient tous ses parents.
Il courut pour les retrouver—
mais ils étaient tous morts.

La seule chose qu’il reconnaissait encore,
qui n’avait pas changé du tout,
c’étaient les montagnes verdoyantes
entourant le village comme un mur.

Il baissa sa tête fatiguée
et marcha comme s’il allait repartir,
quand, dans le crépuscule qui pâlissait,
il vit s’ouvrir la porte d’une cour.

« Entre, toi qui reviens d’exil »,
appela une voix douce et proche,
« repose-toi ici un instant,
bois un peu d’eau et apaise-toi. »

Ils se regardèrent dans les yeux—
et y virent leurs parents.
« Ah ! C’est moi—ta sœur ! » cria-t-elle,
et tous deux s’effondrèrent dans le même chagrin.