Une jeune femme tissait
Du fil blanc sur son métier
Elle portait une robe noire
Et sombre était son avenir
Pourquoi ton fil est-il blanc
Et tes vêtements noirs
Pleures-tu ta mère
Ou peut-être ton vieux père
Je ne pleure pas ma mère
Ni mon père
C’est ma jeunesse qui s’est vêtue de noir
Et je pleure nuit et jour
Ta jeunesse passe à toute allure
Le temps s’échappe si vite
Défais-toi de tes vêtements noirs
Et que ton chagrin s’éloigne
Je pleure mon premier amour
Mon jeune et vaillant garçon
Son cheval est revenu seul
Sans son cavalier
Sur sa selle, il a trouvé la force
D’écrire mon nom
Avec le sang de sa veine
Il dit : « Marie-toi, mon cœur
Ne m’attends pas, ma bien-aimée,
Je ne reviendrai pas
Ma blessure est trop profonde
Ici, je rendrai mon dernier souffle
C’est pour la liberté
Notre devoir envers la patrie
Combattre comme des fauves
Sans question et sans peur »