Quand meurt quelqu’un du village—
un ami, un parent ou un frère—
alors nous nous mettons à réfléchir :
pourquoi nous quereller, mes amis ?

Le téléphone sonne de bonne heure—
qui cela peut-il être, qui donc maintenant ?
Le message est plein de tristesse :
un tel est mort aujourd’hui.

La nouvelle continue de se répandre
jusqu’à ce que tous l’aient apprise—
un autre villageois vient de quitter
cette ville.

Jeunes et vieux se rassemblent
dans le froid mordant,
pour se tenir devant le corps sans vie
et prononcer leur dernier adieu.

Son âme prendra son envol
vers les hauteurs qui dominent le village
avant d’aller reposer
entre les mains de Dieu.

Nous ne nous réunissons plus
que dans de telles occasions ;
nous ne nous voyons nulle part ailleurs
qu’en ces moments-là.

De qui sont tous ces enfants ?
nous demandons-nous tous.
Nous sommes si largement dispersés
à travers cette ville.

Qui est ce vieil homme
aux cheveux blancs,
qui marche avec sa canne ?