Le pique-nique annuel de la Société de Lerin est un événement fondateur pour la communauté canado-macédonienne : à la fois rassemblement social festif et acte essentiel de préservation culturelle. L'édition de 2003 est particulièrement significative, car elle met en évidence la collaboration entre les clubs sociaux régionaux et les groupes de préservation historique.

Le cadre : le parc Sv. Ilija, à Mississauga
Situé au cœur de Mississauga, le parc Sv. Ilija (Saint-Élie) appartient à l'église orthodoxe macédonienne du même nom, qui l'exploite. Depuis des décennies, il fait office d'« âtre vert » pour la communauté.
-
L'atmosphère : le parc comprend de vastes aires de pique-nique, des terrains de sport (souvent utilisés pour des tournois de soccer) et un pavillon.
-
La date : tenu le 17 août 2003, le pique-nique coïncidait avec la saison d' Ilinden (la fête de Saint-Élie), la fête nationale et religieuse la plus importante pour les Macédoniens, qui commémore le soulèvement de 1903 contre l'Empire ottoman.
Qu'est-ce que la « Société de Lerin » ?
La société représente les immigrants et les descendants de la région de Lerin (connue en grec sous le nom de Florina).
-
L'identité régionale : les gens de Lerin ont un dialecte, un costume traditionnel et un patrimoine musical qui leur sont propres.
-
L'objet : ces sociétés « de village » ou « régionales » ont été formées au Canada pour aider les nouveaux arrivants à s'intégrer tout en veillant à ce que leurs traditions ancestrales particulières ne se perdent pas dans la diaspora.
Les points forts de l'édition 2003

La participation de la Société canadienne-macédonienne du patrimoine (SCMH) a ajouté une dimension d'« histoire vivante » aux festivités habituelles du pique-nique :
-
La préservation culturelle : si la plupart des participants étaient venus pour les kebapi (saucisses grillées) et l' oro traditionnel (danse en ronde), la présence de la SCMH signifiait que généalogie, photographies d'archives et documents historiques étaient exposés. C'était l'occasion pour les aînés de reconnaître des visages sur de vieilles photographies et, pour les jeunes, d'en apprendre sur leurs racines.
-
La musique : un pique-nique de cette ampleur comportait presque à coup sûr un orchestre de « čalgija » ou une fanfare, jouant les chants lourds et rythmés propres à la région de la Macédoine égéenne.
-
Les liens communautaires : en 2003, la communauté s'attachait particulièrement à documenter les récits des Deca Begalci (les enfants réfugiés de la guerre civile grecque), dont beaucoup étaient membres de la Société de Lerin.
Pourquoi cela compte
De tels événements sont bien plus qu'une journée au parc : ce sont des archives informelles. En réunissant une « société historique » et une « société régionale », la communauté a jeté un pont entre l'histoire savante et l'expérience vécue.
Remarque : pour bien des familles de la région du Grand Toronto, ces pique-niques étaient le principal moyen par lequel la langue macédonienne et les histoires orales étaient transmises aux Canadiens de troisième et de quatrième génération.