La cloche sonne pour la fête,
Automne quarante-neuf.
La guerre est terminée,
Mais notre village a rapetissé.
Tant d’enfants ont été tués,
D’autres ont disparu.
Des maisons abandonnées,
Des maisons en ruine.
Des enfants ont perdu leur mère,
Ils ont perdu leurs compagnons ;
D’innombrables corps sans sépulture
Reposent dans les montagnes et les collines.
Nous sommes revenus au village,
Dans nos beaux quartiers,
Pour dormir de nouveau chez nous,
Afin que nos blessures guérissent.
Une blessure ne guérit jamais —
Celle d’une mère ;
Elle l’emporte avec elle dans la tombe,
La mère qui a perdu son enfant.
Souvenons-nous de tous ceux
Qui ne sont jamais revenus.
Pour nous qui sommes rentrés,
La vie doit continuer.
La petite cloche de l’école
Se remit à sonner,
Et notre petit village
Parut enfin moins souffrir.
Ce fut le début d’une vie paisible
Pendant les soixante années écoulées,
Et du plus profond de nos âmes
Nous prions pour qu’elle dure à jamais.