Chère Macédoine, terre de montagnes
Terre de villages
Tu as connu des guerres, des occupations
D’âpres luttes ecclésiastiques et des pillages culturels.
Patrie de mon père
Et de ses pères avant lui
Par héritage, tu es ma grand-mère
Et par l’esprit, nous sommes parents.
Bien que mes yeux ne t’aient jamais vue
Ni mes pieds foulé ta terre
Je te fais cette promesse, Baba Makedonija
Un jour, je me tiendrai sur ton sol.

Mon père a émigré à quinze ans
Quittant sa bien-aimée « Stara Krai »
Pour un nouveau pays, une nouvelle langue et une nouvelle fortune
Où il s’appliquerait de toutes ses forces.
Ce jeune chêne macédonien
Est venu au pays de l’érable
Y a pris racine et est devenu Canadien
Mais dans son cœur, il resterait toujours Macédonien.
Il me racontait son enfance à Oshchima
Les moutons, les loups, les ours
Les lointains voyages de son père Tanas
Et sa mère Dina, si aimante et si bonne.

Il m’apprit l’histoire des Turcs et d’Ilinden
Des komiti, hommes courageux et hardis
Les étés chauds et beaux
Les hivers longs et froids.
Fidèle à son héritage, il jouait joyeusement du violon
Le dimanche soir avec l’orchestre
Tandis que les danseurs de l’oro
Faisaient revivre l’essence du village
En ne formant qu’un, main dans la main.
Son caractère, sa langue, sa musique
Et sa farouche fierté macédonienne m’ont fait comprendre
Que, bien que Canadien, je suis Macédonien au fond de moi.

Par ma naissance, le Canada est mon pays, si beau,
Si généreux et culturellement libre
Je suis Canadien et fier de l’être
Comme poète, mon père m’a enseigné cela.
J’ai aimé la Macédoine toute ma vie
De l’amour d’un homme pour sa mère
Et le Canada de l’amour d’un homme pour sa femme.
Alors je t’aime, Baba Makedonija
Depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui, devenu homme
Car ce Canadien est ton petit-fils
En vérité et en esprit.