La guerre civile grecque éclata au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entre les forces royalistes soutenues par la Grande-Bretagne et l'Amérique et les forces communistes soutenues par la Yougoslavie et la Russie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les royalistes fuirent la Grèce et formèrent un gouvernement en exil en Égypte, tandis que les mouvements communistes jouèrent un rôle important dans la lutte contre les troupes d'occupation allemandes et italiennes.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les royalistes revinrent en Grèce en espérant diriger le pays, mais les communistes estimaient que, puisqu'ils étaient restés pour défendre le pays, ils devaient avoir voix au chapitre dans la formation du nouveau gouvernement. Le conflit dégénéra bientôt en une guerre civile sanglante qui dura de 1946 à 1949.

Une conséquence de ce conflit fut un important transfert de population de plus de 90 000 personnes, dont 60 % étaient grecques et 40 % macédoniennes, venues du nord de la Grèce. La plupart fuirent vers les pays communistes du bloc de l'Est par crainte de représailles. Pendant le conflit, les enfants du nord de la Grèce (région nommée province de Macédoine en 1988) furent évacués du front par les deux camps. Le motif invoqué était d'éviter les pertes collatérales dues aux combats et d'endoctriner les jeunes esprits.

En conséquence, des milliers d'enfants âgés de 2 à 12 ans furent déplacés en masse vers des zones sûres. Le camp communiste évacua les enfants vers les pays communistes du bloc de l'Est, et les royalistes vers le sud de la Grèce ou vers des zones sûres éloignées des combats. Les enfants déplacés par les royalistes restèrent en Grèce et purent retrouver leurs parents et leurs proches après la guerre. La plupart de ces enfants étaient de souche grecque, mais la plupart des enfants déplacés par les communistes étaient de souche macédonienne et ils ne furent pas autorisés à rentrer dans leur patrie ni à retrouver leurs parents et leurs proches.

Ce sont ces enfants, aujourd'hui septuagénaires et octogénaires, qui continuent de se battre pour leur droit au retour dans leur patrie. Le Canada abrite des milliers de ces enfants réfugiés macédoniens de la guerre civile grecque qui, bien que citoyens canadiens, se voient encore aujourd'hui refuser l'entrée en Grèce. Nous vivons dans un monde où les faibles, les défavorisés, les marginalisés et ceux qui ont d'autres modes de vie sont reconnus pour leur singularité. De même, au Canada, nous voyons aujourd'hui le gouvernement fédéral reconnaître enfin les effets des politiques d'assimilation dévastatrices menées autrefois à l'égard des peuples des Premières Nations. La Commission de vérité et réconciliation du Canada (rapport provisoire) et Ils sont venus pour les enfants (document historique)décrivent tous deux l'assimilation forcée des enfants autochtones à la société canadienne dominante.

Nous espérons que le gouvernement de la Grèce saura suivre l'exemple du Canada, non seulement en reconnaissant ses politiques discriminatoires d'assimilation des minorités ethniques (en particulier les Macédoniens vivant en Grèce), mais aussi en permettant enfin à ces enfants réfugiés macédoniens (citoyens canadiens) de la guerre civile grecque de reprendre la place qui leur revient comme citoyens grecs d'origine macédonienne.

Les photographies des villages nommés dans ce projet, conservées par la société, sont publiées sous forme de galerie : Villages de la Macédoine égéenne.